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Baromètre politique : la popularité de François Fillon fortement affectée par les révélations de ces dernières semaines

15/02/2017

A la suite des révélations de ces dernières semaines, la popularité de François Fillon recule fortement, aussi bien parmi l’ensemble des Français qu’au sein de l’électorat de droite. A contrario, Benoît Hamon bénéficie d’une progression de sa cote de popularité dans la foulée de sa victoire à la primaire, même s’il ne parvient pas à réunir autour de lui l’ensemble des sympathisants socialistes. En effet, si Emmanuel Macron recule sensiblement ce mois-ci, il reste très solide parmi les électeurs de gauche. 

LA POPULARITÉ DE FRANÇOIS FILLON RECULE FORTEMENT DANS LA FOULÉE DU « PÉNÉLOPEGATE »

En 4ème position dans notre baromètre le mois dernier avec 43% d’opinions favorables, François Fillon enregistre une très forte baisse (-18 points) suite aux révélations sur les emplois de son épouse et de ses enfants. Sa popularité s’établit désormais à 25%, soit la 22ème place sur 31 du classement des personnalités politiques : c’est le plus bas niveau jamais enregistré par François Fillon dans le baromètre Ipsos/Le Point. A contrario, plus des deux tiers des Français (69%) portent désormais un regard défavorable sur le candidat LR à l’élection présidentielle, alors qu’ils n’étaient que 48% en janvier. 

L’évolution de la popularité de François Fillon
Évolution de la popularité de François Fillon

Ce recul est particulièrement marqué au sein de l’électorat de droite, qui s’était pourtant enthousiasmé pour l’ancien Premier ministre suite à sa victoire surprise lors de l’élection primaire en novembre dernier. Si 62% des sympathisants LR conservent une bonne opinion de François Fillon, ce chiffre masque un recul de 23 points en un mois, avec des pertes encore plus importantes aussi bien au centre-droit (17%, -30 points chez les sympathisants MoDem) que chez les sympathisants FN (18%, -31 points). Cette désaffection est aussi très marquée au sein de certains groupes qui forment traditionnellement le cœur de l’électorat de la droite de gouvernement : seniors (-21 points à 46% chez les 70 ans et plus), artisans, commerçants, chefs d’entreprises (-36 points à 20%), habitants du nord-ouest de la France (-29 points à 20%).

L’ampleur de cette chute est comparable à celle enregistrée à l’automne 2012, au moment des polémiques avec Jean-François Copé autour de la sincérité du scrutin interne à l’UMP. A l’époque, François Fillon avait perdu 17 points de popularité en un mois auprès de l’ensemble des Français, et 33 points parmi les sympathisants UMP.

Dans le contexte actuel d’incertitudes vis-à-vis de la candidature de François Fillon, les autres candidats potentiels pour la droite voient leur image progresser au sein de l’électorat LR : 68% (+5 points) ont désormais une bonne image de Alain Juppé, 57% (+16 points) de Français Baroin, 56% (+9 points) de Xavier Bertrand et 46% (+11 points) de Laurent Wauquiez. Même les candidats positionnés plus à droite semblent profiter des déboires de François Fillon : Marine Le Pen gagne 3 points à 26% (+5 points à 23% chez les sympathisants LR), et Nicolas Dupont-Aignan progresse de 4 points à 19% (+9 points à 33% chez les sympathisants LR). 

SI LA POPULARITÉ DE BENOÎT HAMON PROGRESSE SUITE À LA PRIMAIRE, LE CANDIDAT SOCIALISTE NE PARVIENT PAS À FAIRE L’UNANIMITÉ DANS SON CAMP

Dans la foulée de sa victoire lors de la primaire socialiste en janvier, la cote de popularité de Benoît Hamon progresse nettement : avec 38% d’opinions positives, il gagne 6 points en un mois et passe de la 15ème à la 5ème place de notre classement. Le candidat PS est même désormais la deuxième personnalité la plus appréciée des sympathisants socialistes (64%, +13 points) et de gauche (62%, +12 points), derrière Christiane Taubira dans les deux cas.

Reste que Benoît Hamon ne fait pas l’unanimité dans son camp : les 64% qu’il obtient parmi les proches du PS sont bien loin des 84% de sympathisants LR qui soutenaient François Fillon juste après sa victoire en novembre. Le positionnement à gauche de Benoît Hamon, qui lui a permis de remporter la primaire, s’avère moins porteur pour séduire les franges plus modérées de l’électorat de gauche. Ainsi, 76% des sympathisants FdG en ont une bonne opinion, soit nettement plus que les sympathisants PS (64%). En revanche, les sympathisants écologistes (généralement plus centristes que leur parti) ne sont que 45% à avoir une bonne opinion de Benoît Hamon, un chiffre qui tombe à 35% chez les centristes du MoDem.  

EN RECUL À DROITE, LA POPULARITÉ D’EMMANUEL MACRON RESTE SOLIDE AU CENTRE ET À GAUCHE

En effet, le candidat socialiste souffre de la concurrence d’Emmanuel Macron au centre-gauche. Si le leader de En Marche ! recule de 6 points ce mois-ci, il bénéficie d’une bonne image auprès de 39% des Français, en 4ème place de notre classement. Surtout, ce recul est essentiellement concentré chez les sympathisants de droite : il y perd 8 points pour s’établir à 45%. Les ralliements de certains élus socialistes opposés à la candidature de Benoît Hamon ont pu alimenter dans l’électorat de droite l’impression que la candidature d’Emmanuel Macron penchait désormais à gauche. De plus, la dynamique de sa campagne en fait désormais un adversaire perçu comme compétitif pour une droite qui, il y a encore peu, abordait l’élection présidentielle en position de force.

En revanche, la popularité de l’ancien ministre de l’Economie reste stable et assez élevée chez les sympathisants de gauche (45%, =) et socialistes (56%, +1 point). C’est cette solidité qui handicape Benoît Hamon, en le privant d’une partie de l’électorat « naturel » d’un candidat socialiste. Toutefois, c’est au centre qu’Emmanuel Macron bénéficie de l’image la plus positive, avec 62% d’opinions favorables au MoDem comme à l’UDI. 

LA POPULARITÉ DE L’EXÉCUTIF EN TRÈS LÉGER RECUL

Dans le contexte actuel polarisé autour de la campagne électorale, la cote de popularité de l’Exécutif recule très légèrement. Le président de la République perd 2 points à 20%, et le Premier ministre recule lui aussi de 2 points pour s’établir à 40% de jugements favorables. En revanche, les opinions défavorables à l’égard de Bernard Cazeneuve progresse nettement et deviennent même légèrement majoritaires (42%, +8 points), signe que la bienveillance dont il a bénéficié de la part des Français à son arrivée à Matignon est désormais nettement moins forte. 

Voir le baromètre de l'action politique Ipsos Le Point depuis 1996 :